Zone de Texte: Des centaines de systèmes de cotation existent encore dans le monde. Tous sont prétendus meilleurs aux autres par leurs auteurs mais aucun, jusqu'en 1976, n'était à même d'apporter le moindre élément objectif de nature à permettre une vérification sérieuse. En fait, dans ce domaine, c'est la plus grande pagaille, une très large majorité d'artistes en étant réduits à se coter eux-mêmes lors de leurs expositions... avec tous les aléas que cela suppose ! Nombreux aussi sont ceux qui, malgré un travail de haut niveau ne parviennent pas à vendre leurs créations, faute de cotation, précisément. Nous devions solutionner ce problème qui est vital pour un artiste professionnel et non dénué d'intérêt pour un amateur.

Pour une solution logique et équitable, il nous fallait d'abord poser le problème et considérer les principaux systèmes existant pour savoir pourquoi aucun d'entre eux n'était applicable à tous les artistes du monde entier comme doit l'être toute cotation sérieuse. En fait, les deux principales questions qui restent en suspens sont : Par qui et comment sont établies ces cotations ? Pourquoi sont-elles aussi "hermétiques ?"

Par qui sont établies ces cotations ?

Généralement, le nom d'une personnalité bien "en vue" est placé en avant comme gage de sérieux et d'objectivité. Ces personnalités ne sont souvent que des "prêtes noms" du monde politique ou des "experts" (selon quel critère ?), des responsables de groupes de galerie d'art (intéressés directement par la cote établie pour la vente des œuvres des artistes en contrat avec eux...), ou des commissaires priseurs (intéressés également par d'importants pourcentages sur les ventes... voire pour "prêter" leur nom !). Des éditeurs publient également des "cotations" établies de manière occulte le plus souvent, sans préciser les adresses des artistes (et pour cause : le nombre d'artistes "imaginaires" est impressionnant), mais qu'importe, ce qui compte, c'est que le livre se vende bien !


Comment sont établies ces cotations ?

Là, c'est le mystère total le plus souvent ! A cette question, les marchands, et tous ceux qui trouvent un intérêt personnel dans le commerce de l'art vous répondent systématiquement : c'est la loi de l'offre et de la demande ! Quel artiste serait assez stupide pour le croire ? Il existe des centaines de milliers d'artistes dans le monde : lequel de ces "experts" en connaît seulement 1 sur 10.000 ? Aucun, et je place quiconque au défit de prouver le contraire !

Ce qu'il y a de plus grave dans tout ça : non seulement les médiats se font volontiers l'un des principaux "rouages" de ce système, mais de nombreux magistrats en font autant... bien qu'aucune telle "loi" ne l’ait jamais codifiée ! Regardez la jurisprudence, lorsqu'un artiste est opposé à une compagnie d'assurance, par exemple : l'assureur se dérobe facilement en mettant en avant que l'artiste n'est pas coté... allant jusqu'à proposer une vente aux enchères des œuvres de l'artiste dans une quelconque salle des ventes, sans publicité bien entendu, ou aux frais de l'artiste, pour "prouver" que les œuvres volées ou détériorer ne valent rien ! Et le plus scandaleux, c'est que ça marche : oui, très souvent, les magistrats (qui, soit dit en passant, ne connaissent rien en matière d'art, sauf très rares exceptions) suivent volontiers de tels arguments au mépris du droit des artistes et des contrats qui obligent les assureurs ! Souvent aussi il est fait appel à des « experts », ces « experts » sont le plus souvent des gérants de galerie d’art qui ne connaissent généralement pas l’artiste victime d’un vol (sauf s’il en contrat avec sa galerie ou une galerie « amie »), généralement « l’expert » estimera que le travail de l’artiste ne vaut rien (pratique très courante en France)… s’il n’expose pas dans sa galerie !

En fait, les multiples cotations qui proviennent du passé et qui prétendent faire loi ne reposent sur rien, si ce n'est que sur les intérêts personnels de ceux qui les ont établies, de plus, force nous a été de constater le caractère sectaire, voire mafieux de nombreuses d'entre-elles ! N'oublions pas non plus, chez de nombreux éditeurs, la possibilité de publier, pour un artiste, moyennant finance, sa propre cotation. Parler aussi des enchères "bidons" ou l'artiste fortuné, par l'intermédiaire d'organismes spécialisés, se fait acheter ses propres œuvres à de bons prix pour établir sa «cote personnelle» (pratique courante dans le Sud de la France, par exemple). Ce n'est pas très sérieux tout ça, chacun en conviendra !

Pourquoi ces cotations sont-elles aussi "hermétiques ?" Toutes les cotations ne sont pas fermées aux artistes... surtout s'ils ont de quoi payer ! Cependant, les cotations "hermétiques" ne sont pas rares. Nous touchons là une véritable caste d'artistes avec des "noms très connus" et des côtes exorbitantes... au regard du travail produit ! Certains appellent volontiers ce système celui des maffias : ont-ils vraiment tort ? Il est certain que de grands discours, le snobisme, les grands "étalages", ne visent qu'à une chose : Faire un maximum d'argent en trompant l'acheteur sur la qualité des œuvres car voyez-vous, aucun discours, aucune critique, aussi favorable soit-elle, n'a jamais eu pour effet d'accroître la qualité de l'œuvre concernée ! Le but recherché est de suggestionner l'acheteur potentiel, de le convaincre qu'il fait une "bonne affaire"... mais en tel cas, la bonne affaire est surtout pour le vendeur ! Oui, ces cotations sont très hermétiques, simplement pour protéger certains petits copains qui marchent volontiers dans la combine (ils sont effectivement gagnants) alors qu'ils sont manifestement incapables de rivaliser avec de nombreux "exclus" pour qui l'honnêteté et l'amour du travail bien fait ont conservé une certaine valeur. 

Je ne traiterai pas ici du douloureux problème de blanchissement d'argent "sale" trop courant dans le commerce de l'art de "haut niveau", chacun en a pour le moins entendu parlé. Il s'agit là de tout un monde trouble qui touche aussi bien des marchants, des artistes que certains fonctionnaires mais que la police a bien du mal de purifier... en raison de certaines "protections politiques" de haut niveau, mais ceci n'est pas de notre ressort mais méritait quand même d'être signalé car les membres de ces "organismes" sont aussi nos principaux détracteurs... et pour cause, vous allez comprendre dans un instant. 

Zone de Texte: # Comment acheter une toile, par Pierre Brayard

Rien n’est plus beau que la nature et la peinture l’immortalise… parfois !

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